Compétences CV : lesquelles mettre et comment les prouver

The CVera Team · · 7 min de lecture

La rubrique « Compétences » est souvent la plus mal remplie du CV : une liste d’adjectifs, quelques logiciels, des jauges colorées. Pourtant, c’est l’une des rubriques que les recruteurs et les logiciels de recrutement parcourent le plus vite pour vérifier si vous correspondez au poste. Ce guide vous explique quelles compétences choisir, comment les rendre crédibles et comment présenter vos langues selon le cadre européen.

Compétences techniques et savoir-être : la différence

On distingue généralement deux familles de compétences :

  • Les compétences techniques (ou savoir-faire, hard skills) : ce que vous savez faire et qui peut s’apprendre et se vérifier. Exemples : comptabilité fournisseurs, soudure TIG, prise de sang, montage vidéo, SQL, conduite d’engins avec CACES, paie sous Silae.
  • Le savoir-être (ou compétences comportementales, soft skills) : votre manière de travailler. Exemples : organisation, communication, gestion du stress, esprit d’équipe, sens du service.

Les deux comptent, mais pas de la même façon sur le CV. Les compétences techniques peuvent être listées : elles sont précises et vérifiables. Le savoir-être, en revanche, ne convainc que s’il est démontré par des faits.

Quelles compétences choisir ?

La bonne liste n’est pas celle de tout ce que vous savez faire, mais celle de ce que le poste demande et que vous maîtrisez réellement. Méthode en trois étapes :

  1. Relevez dans l’annonce les compétences, outils, normes et certifications cités, ainsi que les qualités mentionnées.
  2. Comparez avec votre liste : gardez celles que vous pouvez illustrer par une expérience, un projet ou une formation.
  3. Complétez avec les compétences clés du métier, même si l’annonce ne les cite pas, dès lors qu’un professionnel du secteur s’attend à les voir.

Six à douze compétences techniques suffisent en général. Au-delà, la liste se dilue et le recruteur ne retient plus rien. Pour connaître les compétences attendues dans votre métier, parcourez nos exemples de CV par métier : chaque page liste les compétences techniques et comportementales propres à la profession, par exemple pour un comptable ou un électricien.

Prouver ses compétences plutôt que les affirmer

Écrire « rigoureux » ne prouve rien. Montrer un résultat qui suppose de la rigueur, si. Le savoir-être se démontre dans vos expériences, et la rubrique compétences peut ensuite le résumer.

Compétence affirméeCompétence prouvée
Sens de l’organisationPlanification des tournées de 8 livreurs sur 3 départements
Bonne communicationAnimation de réunions mensuelles avec 15 commerciaux et rédaction des comptes rendus
Gestion du stressService de 200 couverts le samedi soir en tant que chef de rang
Esprit d’équipeFormation et tutorat de 4 nouveaux techniciens sur 6 mois
Maîtrise d’ExcelCréation d’un tableau de bord de suivi des stocks utilisé par l’ensemble de l’entrepôt

Pour les compétences techniques, la preuve peut être une certification, un nombre d’années d’utilisation ou un contexte précis : « Excel – tableaux croisés dynamiques, RECHERCHEX, macros simples » en dit beaucoup plus que « Excel : avancé ».

Comment présenter la rubrique compétences

Regroupez vos compétences par catégorie pour faciliter la lecture :

  • Compétences métier : clôtures mensuelles, déclarations de TVA, rapprochements bancaires.
  • Logiciels et outils : Sage 100, Excel (TCD, RECHERCHEX), Pennylane.
  • Certifications et habilitations : CACES R489 cat. 3, habilitation électrique B1V, SST.
  • Langues : anglais B2, espagnol A2.

Évitez les jauges, étoiles et pourcentages (« Word 80 % ») : ils ne correspondent à aucune échelle commune, un logiciel de recrutement ne sait pas les lire et ils suscitent des questions embarrassantes en entretien (« Que vous manque-t-il pour atteindre 100 % ? »). Écrivez vos compétences en toutes lettres, avec les mêmes termes que l’annonce : c’est aussi ce qui permet aux ATS de les reconnaître. Voir notre guide sur le CV compatible ATS.

Les langues : utiliser les niveaux du CECRL

Le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) définit six niveaux, compris par les recruteurs dans toute l’Europe. Ils sont bien plus précis que « notions », « scolaire » ou « courant ».

NiveauCe que cela signifie en pratique
A1 – A2Utilisateur élémentaire : phrases simples, échanges courants et prévisibles
B1Utilisateur indépendant : se débrouiller dans la plupart des situations, comprendre l’essentiel au travail
B2Échanger avec aisance avec des locuteurs natifs, participer à des réunions, rédiger des e-mails professionnels
C1Utilisateur expérimenté : s’exprimer couramment et précisément, y compris sur des sujets complexes
C2Maîtrise proche de celle d’un locuteur natif

Quelques conseils :

  • Indiquez votre langue maternelle (« Français : langue maternelle »).
  • Ajoutez un test reconnu si vous en avez un : TOEIC (avec le score), TOEFL, IELTS, Cambridge, DELE, Goethe-Zertifikat.
  • Soyez honnête : un entretien peut commencer en anglais sans prévenir.
  • En Belgique, précisez toujours votre niveau en néerlandais et en français, même modeste : c’est souvent un critère décisif.

Exemples de compétences par secteur

Pour vous aider à trouver les bons termes, voici des compétences souvent attendues dans quelques secteurs. Ne retenez que celles que vous maîtrisez.

SecteurCompétences techniquesSavoir-être apprécié
Santé et soinsSoins techniques, transmissions ciblées, gestion des dispositifs médicaux, protocoles d’hygièneÉcoute, gestion des situations d’urgence
Hôtellerie-restaurationService à l’assiette, prise de commande sur caisse tactile, règles HACCP, accords mets-vinsRésistance à la pression, sens du service
LogistiquePréparation de commandes, CACES, gestion de stocks sur WMS, inventairesFiabilité, respect des consignes de sécurité
Administration et gestionFacturation, suivi des devis, gestion d’agenda, Pack Office, logiciels de gestionOrganisation, discrétion
InformatiqueLangages, frameworks, bases de données, outils de ticketing, cloudRésolution de problèmes, pédagogie avec les utilisateurs
Commerce et venteProspection, négociation, CRM, suivi de portefeuille, encaissementPersévérance, aisance relationnelle

Les exemples de CV de technicien support informatique ou de préparateur de commandes montrent comment ces compétences s’intègrent dans un CV complet.

Les compétences numériques

Presque tous les postes demandent aujourd’hui un minimum d’aisance numérique. Plutôt que d’écrire « informatique » ou « Pack Office », précisez les outils et l’usage : « Excel (tableaux croisés dynamiques, graphiques) », « Teams et SharePoint », « logiciel de caisse », « dossier patient informatisé ». Si vous avez passé une certification reconnue, comme PIX en France ou TOSA, indiquez-la avec votre score ou votre niveau : c’est une preuve objective, facile à comprendre pour le recruteur.

Si vous utilisez des outils d’intelligence artificielle au travail, par exemple pour rédiger des comptes rendus ou analyser des données, vous pouvez le mentionner de façon concrète : quel outil, pour quelle tâche, avec quel gain. Une formule vague comme « maîtrise de l’IA » n’apporte rien au recruteur.

Les compétences transférables en cas de reconversion

Lorsque vous changez de métier, vos compétences techniques ne correspondent pas toutes au nouveau poste, mais beaucoup se transfèrent : gestion de planning, relation client, encadrement, gestion de budget, rédaction, outils bureautiques. Placez un bloc « Compétences clés » en haut du CV, juste après l’accroche, avec trois ou quatre domaines illustrés par un exemple chacun. C’est le principe du CV mixte, décrit dans notre guide sur le format du CV.

Exemple – Ancienne responsable de rayon vers assistante RH : Recrutement (sélection et entretiens de 30 saisonniers par an), Gestion des plannings (équipe de 12 personnes, logiciel Kelio), Intégration et formation (parcours d’accueil des nouveaux employés).

Préparer l’entretien à partir de vos compétences

Chaque compétence de votre CV peut donner lieu à une question en entretien : « Pouvez-vous me donner un exemple ? ». Préparez pour chacune une courte histoire en trois temps : la situation, ce que vous avez fait, le résultat obtenu. Si vous ne trouvez aucun exemple pour une compétence, c’est le signe qu’elle n’a peut-être pas sa place sur votre CV. À l’inverse, une compétence que vous pouvez raconter avec précision deviendra l’un de vos meilleurs arguments face au recruteur.

Les erreurs à éviter

  • Lister des compétences que vous ne maîtrisez pas ou que vous avez seulement aperçues en formation.
  • Mentionner des logiciels dépassés ou évidents (« Internet », « boîte mail »), sauf pour certains postes où la bureautique de base est réellement demandée.
  • Écrire une liste de qualités sans aucun lien avec le poste.
  • Utiliser des termes trop vagues : « informatique », « gestion », « commercial ».
  • Oublier les certifications obligatoires dans votre métier (permis, CACES, habilitations, carte professionnelle) ou leur date de validité.

Une fois votre rubrique compétences prête, vérifiez qu’elle est cohérente avec vos expériences et votre accroche : chaque compétence importante doit se retrouver illustrée ailleurs dans le CV. Pour la rédaction des autres rubriques, suivez notre guide comment faire un CV, et choisissez un de nos modèles de CV qui présente clairement vos compétences sans jauges ni graphiques.


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